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9 nov. 2010

Les détectives privés à la fac : le public forme les privés !

Depuis 1998, l’Université de Droit Panthéon-Assas Paris II forme annuellement dans son annexe de Melun une vingtaine d’ « Enquêteurs de droit privé », avec une volonté déterminée d’assainir cette profession.

Evènement de la rentrée d’octobre 2006 : le Diplôme Universitaire Professionnel « Enquêteur privé » s’est enrichi d’un nouveau diplôme d’Etat, unique en Europe : la Licence professionnelle « Sécurité des biens et des personnes » - option « Enquêtes privées ». Peu de temps après, l’Université de Nîmes suivra cette voie.


Une véritable révolution pour cette profession libérale de plus en plus réglementée et encadrée, désormais reconnue par les pouvoirs publics. Pour obtenir le précieux diplôme et exercer ainsi dans la légalité, les étudiants sélectionnés suivront pendant deux ans une formation théorique et pratique leur permettant de concilier les études et leur activité professionnelle. Au programme : droit, libertés fondamentales, déontologie, psychologie, intelligence économique, filatures, techniques professionnelles, langues, mais aussi rédaction du rapport d’enquête et bien-sûr un stage professionnel. On trouve parmi les étudiants trois profils : 
  • ceux qui poursuivent leurs études dans cette spécialité, 
  • ceux qui préparent une reconversion professionnelle, 
  • et les enquêteurs exerçant depuis peu, pour qui cette qualification est devenue obligatoire.

Les enseignants sont pour la plupart des professionnels du droit : enquêteurs privés, avocats, huissiers de justice, clercs de notaire, policiers, gendarmes…et le Procureur de la République de Melun. L’objectif est de délivrer des compétences techniques et juridiques à ces futurs privés qui s’engageront au service de la vérité. Clairement, une fois la Licence en poche, ils devront maîtriser ce qu’il est possible de faire mais surtout ce qui est interdit par la loi, du début de l’enquête jusqu’à l’administration de la preuve. Cette nouvelle génération d’enquêteurs privés a de beaux jours devant elle. En effet, dans un marché où les enquêtes industrielles et commerciales sont de plus en plus fréquentes, les cabinets existants doivent désormais se mettre aux normes ou disparaître. L’idée circule dans les couloirs de l’Université que l’aboutissement logique de ce métier para juridique sera l’obtention de la qualité d’auxiliaire de justice d’ici quelques années. La justice française est débordée et si l’enseignement public décide de former des privés, c’est sans doute pour offrir un jour à la chaîne judiciaire un savoir-faire reconnu. Ainsi la boucle sera bouclée.

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